le mot du capitaine (dimanche soir)

Le départ, ce matin, a été musclé. La mer était forte et nous avancions entre 1,2 nds et maxi 2,3 nds. J'ai pris la décision de traverser le détroit, au risque de se retrouver de nouveau en Atlantique. Le courant négatif que nous avions dans le sud s'est transformé en positif 3,6 nds et nous a aidé à rester du bon coté.
Le vent est progressivement passé de 35 nds à 8 nds maintenant et nous avons dépassé Gibraltar. Notre moyenne pour les 10 première heure n'est pas terrible : 3,6 nds mais nous sommes contents d'être de ce coté et de longer la cote espagnol. Nous avons l'impression d'être en vacances. Nous seront demain soir  devant Almeria et après demain soir, nous devrions arriver à Carthagène.
Nous avançons à 5,7 nds et la mer est calme, ça fait vraiment du bien car depuis plus d'une semaine, nous nous faisions tabasser  en permanence. Une chose est sûre, le bateau est solide, Gégé est même impressionné. Tout va bien a bord.

le ouf du mousse

Quand le "FRANCE" est rentré dans le port de New York, les cornes de brume de tous les bateaux ont hurlé ; les bateaux pompiers ont actionné toutes leurs pompes ; sur les quais, on pouvait voir s'agiter les pom-pom girls  en transe. Quand Hier, en fin d'après midi, (ce sera pour l'histoire le 29 JUIN 2008 de l'aire moderne) XILOA rentrait enfin dans le détroit, il ne s'est rien passé pourtant les sentiments ressentis par 3 terriens furent tout autre.
On s'est demandé longtemps si l'Atlantique ne voulait pas nous lâcher ou si c'était la Med. qui ne voulait pas de nous. Ce n'est qu'après d'efforts incessants, de calculs compliqués et de savantes manoeuvres orchestrées pas Luc que nous avons trouvé la sortie .
Les éléments s'étaient déchainés contre nous. Sans le savoir faire de Luc, on serait vers Lisbonne ou, pourquoi pas, Casablanca. Cette nuit, on a dormi au mouillage à Tanger, au moment de partir un vent de face de 35 neouds et un fort courant contraire nous attendaient. Le combat allait être inégal et le moral descendait dans nos chaussettes : on longeait la cote Africaine en attendant que les conditions météo changent (on avançaient à 2noeuds parfois, et souvent moins ! ), ne pouvant que s'améliorer, il n'en fut rien. Et là , en pleines conditions défavorables, Luc a choisi de mettre les voiles et de traverser radidement jusqu'à la côte Espagnole misant sur le fait que ça ne pourrait être pire ! Et là, pour être rapide ça l'a été ! Direction nord, nord ouest, c'est à dire ...l'Atlantique ; seules des incantations divines concentrées ont inverséele courant à moins d'un KM. de la presqu'ile de Tarifa ( qui détermime les linites ).
Xiloa longe depuis la côte Espagnole, la mer s'est calmée, le vent aussi, Les 80 chevaux de notre amis YANMAR ronronnent paisiblement. Le chapitre "ATLANTIQUE"  est DEFINITIVEMENT clos.

  A plus. Salut.   Gégé

  P.S. A Colette : Il serait préférable que tu conserves les fichiers météo à Lyon pour les donner à Luc à son retour ; son intuition a été plus efficace. Merci quand même pour ton soutien sans failles. Saches aussi qu'on prend bien soins de ton marin. Bises Gégé

le mot de la terre

Pour ce qui concerne la météo, en quelques heures les données étaient complètement inversées. Du coup, tout faux pour l'anticipation du passage. La leçon que j'en tire, c'est qu'à l'approche de la Méditerranée, les vents de toute façon n'en font qu'à leur tête. Je ne vais donc plus donner la météo à Luc sauf, bien sûr, coup de vent prononcé. Je pense que lui, sur place a de meilleures chances de sentir d'où vient le vent car comme vous l'avez compris dans cette transat, tout dépend du sens du vent...

Pour ce qui est du marin, je vois que Gégé a finalement adopté ma statégie de navigation pendant ces deux ans : Luc veille au bateau, on veille sur Luc pour qu'il veille bien au bateau.